Pour continuer dans la suite de « la permaculture, une question de principes », et du jardin-mandala

Nous avions décidé, toujours avec la glorieuse équipe de Genève en transition, de planter moultes fruitiers sur ce beau terrain de Mies (attention, site internet qui pique les yeux). En général on peut faire un trou, mettre l’arbre dedans (enfin les racines), reboucher et pouf, c’est fini. Mais ça, c’était avant.

Quand on plante des arbres, arbustes et autres plantouzes, on fait ce qu’on appelle une cuvette de plantation. Un léger débordement de terre qui a pour objectif de retenir l’eau d’arrosage, de pluie.

Dans mon esprit cette cuvette était moche, (presque) nulle et non avenue. On pouvait en faire quelque chose de mieux…

Tadaaa!

Encore une mission pour Permakodama!

Si elle était suffisamment conséquente, on pouvait imaginer planter quelque chose dessus, comestible, utile, beau ou les 3 à la fois.

Planter oui, mais… et l’entretien alors? un paillage serait donc nécessaire… et la pente?

Ayant fait déjà nombre de plantations gravitationnellement problématiques (en pente), l’intérêt d’un paillage textile est évident. Hors de ma vue la bâche tissée en polyéthylène qui ne se décompose pas mais se désagrège en particules pétrochimiques de plus en plus fines jusqu’à ce qu’on arrive à les boire ou les respirer. J’ai trouvé une solution gratuite (ou pas loin), naturelle et qui fait voyager :

Existe en version « cafe do brazil » mais également « made in india », « product of guana », Nicaragua, etc.

Vous pouvez en trouver dans tous les endroits qui torréfient ou reçoivent du café en grain.

Peuvent être ainsi plantés au pieds d’arbres fruitiers, sur la cuvette de plantation des petits fruits, des plantes compagnes, médicinales, aromatiques, des vivaces, etc…sans que le désherbage deviennent un fardeau. De plus cette couche permet de conserver sensiblement l’humidité au sein de la butte. Car c’en est une, de butte.

Pour ce qui nous concerne, seront mis en terre cassis (home-made boutures), groseilliers, fraisiers (bien adapté pour la jutte, les fruits sont toujours impeccables), myrtilles, groseilles à maquereaux et framboisiers. Ces derniers seront dépourvus de toile car, semis-ligneux, les jeunes pousses partent par les racines.

Pour trouver la terre nécessaire il suffira de décaisser un cercle extérieur à la future butte, sur 50cm et environ 15/20cm de profond et former une cuvette autour de l’arbre nouvellement planté.

Astuce du jour : faire le trou avant, c’est beaucoup plus simple…

On double l’effet-cuvette avec cette deuxième déclivité circulaire. L’eau sera ainsi « piégée » non  seulement au pied de l’arbre mais aussi dans un rayon d’1m50 autour de ce dernier.

Dans cette cuvette sera semée du trèfle blanc nain qui, en toute bonne légumineuse qui se respecte fixera l’azote atmosphérique dans le sol, désormais disponible pour nourrir tout ce petit monde (fruitier + petits fruits). On peut aussi planter des légumineuses plus grandes (luzerne, trèfle incarnat) que l’on coupera régulièrement pour mulcher le pied de l’arbre.

Au pied de l’arbre on disposera des feuilles, de la paille ou n’importe quel autre mulch pour garder l’humidité et nourrir en matière organique fraîchement décomposée nos fruitiers.

L’intérêt de ce système est également l’optimisation de l’espace, la juste répartition des étages sur une même surface : strate arborée, arbustive et herbacée. Plutôt que d’avoir un pauvre fruitier solo et un désert vert autour…

J’ai également pensé à une amélioration du système (pas réalisé pour l’instant) en plantant tout autour de la cuvette de la consoude, qui fait un mulch riche et qui se décompose très bien. Fort vigoureuse, elle peut être fauchée plusieurs fois dans l’année. To be continued…

En tout cas, c’est encore une démonstration balbutiante mais réussie que la productivité d’un système est illimitée, la seule limite à l’utilisation possible de telle ou telle ressources est l’information et l’imagination.