La Nature procure les meilleurs exemples de systèmes complexes, abondants et autonomes. Nos systèmes agricoles industriels ne respectant ni les sols ni les plantes (ni les humains) engendrent des déséquilibres qui demandent énormément d’énergie pour être compensés : traitements phytosanitaires, irrigation, désherbages, pollution, transports, retraitements, recyclage, pétrole etc… Ces palliatifs engendrent des coûts écologiques, économiques et humains dont on peut se poser la question de savoir s’ils sont légitimes et nécessaires dans un contexte de raréfaction du pétrole, de destruction des sols agricoles et de la biodiversité…

Nos anciens (les vrais, hein, pas ceux de maintenant) avaient des productions extrêmement diversifiées, de qualité et sans pour autant détruire la biosphère, le tout sans pétrole, tracteurs, irrigation et sans avoir des centaines d’hectares empruntés au crédit agricole. Ils utilisaient avec finesse tout ce qui était à leur disposition en optimisant chaque élément de leur système. Ils n’avaient pas la permaculture mais une chose précieuse qui nous manque totalement aujourd’hui : le bon sens.

En cette époque post-moderne où les incertitudes économiques, écologiques et sociales sont grandissantes, il est rassurant (et révolutionnaire) d’élaborer son espace nourricier sain et productif pour soi, sa famille, sa communauté. Mais par où commencer? avec quoi? et où??

C’est l’objet de la formation que nous proposons les 18 et 19 avril.

Je vous présente ici brièvement l’objectif et la méthodologie du design en permaculture qui n’est rien d’autre qu’une boîte à outils pour se rapprocher du bon sens et pouvoir créer des systèmes résilients, très productifs, sur la plus petite surface possible. Pour le plaisir, le porte-monnaie, la santé… et les périodes de vache maigre…

Une vision systémique

Design est un mot anglo-saxon signifiant bien sûr le dessin, mais également le dessein : l’intention, l’objectif que l’on met dedans. C’est avant tout une planification écologique pour l’établissement de système humains durables.

design

Dans « Permaculture, a designer’s manual », Bill Mollison suggère que :

  • les systèmes que nous construisons doivent durer le plus longtemps possible et demander un minimum de maintenance

  • ces systèmes, nourris uniquement par la photosynthèse, doivent produire non seulement pour leurs propres besoins mais aussi pour les besoins de ceux qui les entretiennent.

  • Nous pouvons utiliser de l’énergie pour les construire à condition que pendant toute leur vie, ces systèmes stockent plus d’énergie que nous avons utilisé pour les créer et les entretenir.

Le design consiste a créer les liens ou interactions entre les différents éléments de notre système et donc les placer judicieusement pour une optimisation énergétique du tout.

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 Le procédé de design

very_edible_gardens_design2On utilise la méthodologie BOLRADIME :

Buts/Objectifs

Quel est mon projet ? Pourquoi, pour qui ? Les stratégies à mettre en place seront cohérentes avec ces objectifs. Cette première étape est primordiale et ne dois pas être bâclée. Toutes les stratégies, techniques à mettre en place dépendront de cette étape. De même que l’énergie à insérer dans ce projet, l’argent, le temps etc. C’est pourquoi en design professionnel on interroge précisément le client par le biais d’un entretien, d’un questionnaire. Par exemple, les objectifs doivent être SMART (Spécifiques, Mesurables, Acceptés par tous et Inscrits dans le temps). C’est la base de toute gestion de projet en définitive…

Observation :

Une approche primordiale. On parle d’un an d’observation avant de faire le moindre travail. En effet suivant les saisons de nombreux facteurs peuvent varier : exposition, ombre portée, vents dominants, engorgement temporaire du sol, sécheresses en été etc. On observera en premier les 3 points qui influenceront toute la suite du design :

  • l’eau
  • les bâtiments existants
  • les accès.

Viendront ensuite :

  • les conditions bioclimatiques : vent, ensoleillement, pluviométrie, températures minimales (facteur limitant pour les espèces a implanter), exposition
  • la topographie
  • le sol : structure, texture, pH, disponibilité en eau. L’étude des plantes bio-indicatrices peut nous renseigner rapidement sur ces éléments. Des tests simples nous aiderons également à caractériser précisément notre sol (test au vinaigre, eau oxygénée, test de rétention, de décantation).
  • les structures végétales déjà présentes.

Limites et Ressources

Elles peuvent être physiques (bordures naturelles, voisinage, force de travail) ou immatérielles (budget, santé, temps disponible, règlementations, …). Ces inventaires devront être les plus exhaustifs possible!

Analyse

On a maintenant une bonne idée de ce qu’on veut et de ce qu’on a, il va s’agir maintenant de placer nos éléments sur un plan pour mettre en avant les synergies de notre système et ainsi organiser de manière optimale les besoins et produits de chaque éléments, le tout en tenant compte du zonage.

On gardera en tête qu’un travail à fournir est un besoin non rempli par le système et qu’une pollution est une ressource non utilisée.

poulet-smallLa vision inclusive de la permaculture permet l’apport de nouveaux éléments à conditions qu’ils soient bien placés : que leurs besoins soient remplis, et autant que faire ce peut, par les produits des autres.

Il s’agira de définir les éléments constitutifs de notre système : humain/serre/compost/potager/poules/mare etc. Ainsi que d’établir les synergies entre ces éléments, comme cela se passe dans les écosystèmes naturels. C’est l’objet du design : « boucler la boucle ».

On déterminera à ce moment le zonage, les éléments seront placés en rapport avec le centre d’activité (en général la maison) et les accès.

Design

On passe à la réalisation! On couche sur le papier (ou sur informatique) tout ce qu’on a, en passant du global au détail. On peut travailler sur des calques pour chaque thématique : eau, énergies, microclimats etc.

2dfb58ce3225a6558ab15e6f6f5dfc95Implantation

A vos pelles et brouettes! Mais par quoi commencer? Avec qui? Sur combien de temps? Le design se veut inscrit dans le temps et une ventilation des travaux sur plusieurs années devra être mis en place selon le cas en rapport avec les ressources humaines, budgétaires et les objectifs décidés.

Maintenance

Un système issu d’une conception en permaculture est le plus en équilibre possible, il y a peu de maintenance : le ratio est de 80 % d’implantation, de création et 20 % d’entretien. De plus l’objectif est que l’entretien se résume à la cueillette…

Néanmoins il y aura toujours quelques impondérables comme la taille, l’entretien inhérent aux infrastructures etc. Cette maintenance doit être envisagée et quantifiée dans le document du design.

Evaluation

Le design se veut une aide, un fil rouge dynamique et évolutif, comme la vie! Accepter de se tromper, modifier ses plans, réajuster ses stratégies font partie intégrante de ce processus.

 

=>  2 JOURS POUR ENTRER DANS LE DÉTAIL!

230px-woman_teaching_geometryNous vous proposons les 18 et 19 avril sur le site des Escuroux 2 jours sur la conception :

  • nous verrons les fondements, l’éthique, les principes et des techniques de la permaculture
  • nous aborderons avec précision chaque étape du processus de design
  • nous découvrirons des outils, matériels, astuces et logiciels pour nous faciliter le design
  • nous étudierons comment établir un diagnostic de parcelle précis avec des méthodes simples et basées sur l’observation pour dégager les points positifs et limitants
  • nous verrons sur place différentes stratégies potentiellement reproductibles chez vous
  • nous travaillerons ensemble sur vos projets, quel que soit le degré d’avancement de ces derniers

Tarifs : Le prix des formations s’élève à 45€/jour

Vous trouverez ici un bulletin de préinscription en ligne.

La liste des autres formations se trouve sur cette page

Après cette préinscription, ainsi que la réception d’un chèque d’arrhes de 20€/jour de formation (ordre sur cette page), vous recevrez en retour :

  • un descriptif plus détaillé du stage 
  • le plan d’accès
  • une liste de logements locaux (gîtes, chambres d’hôtes, …). Le camping est également possible sur la ferme, nous le faire savoir.