Il y a bien longtemps que je ne me suis adonné à cet exercice de nouvelles fraîches. Et pour cause! 2017 fut une année difficile à bien des titres. Elle a mis un coup de frein à tous les projets, gelé sur place plantations et structures en cours et bien calmé le rythme des formations et publications.

Le temps fait lentement son œuvre et, implacable, la Vie continue. Les arbres poussent, la Terre s’enrichit, la biodiversité végétale s’installe et s’épanouit, et les oiseaux sont toujours plus nombreux tous les ans. De même, certaines rencontres redonnent le soleil au cœur et l’envie d’avancer, coûte que coûte.

C’est donc cette nouvelle étape pour moi, nous, la ferme des Escuroux et Prise de Terre que je vais conter ici. Sans faire table rase du passé, mais en repartant avec un regard neuf sur un futur qui prend racines et corps!

Les travaux

 

Coup de frein donc, si ce n’est l’espace à vivre. Pour se reconstruire intérieurement, rien de mieux que d’insister sur son intérieur : menuiserie, plomberie, décoration, aménagement divers.

La cerise sur le gâteau de cet hiver est le chauffage central. Entre la civilisation et la barbarie il y n’a peut-être que quelques repas : je confirme qu’il n’y a aussi que quelques degrés! Mon ami Rémi m’a merveilleusement conseillé et entouré pour la mise en place de « La Bête » : une cuisinière bouilleur de 22kW d’eau chaude sanitaire et de chauffage central. Couplé avec notre système de capteurs solaires, nous sommes désormais autonomes pour ce qui est de l’eau chaude et nous pouvons enfin nous rapprocher de la température de confort dans les chambres. Je rappelle aux romantiques qu’une maison en pierre est faite pour passer l’hiver, pas pour avoir chaud…

 

La serre

L’un des éléments les plus importants pour l’autonomie alimentaire est en place depuis l’année dernière. N’ayant pas d’espace plat suffisant (environ 5 mètres de large), j’ai dû en créer : montage d’un mur en pierre sèche en contrebas, puis remplissage avec de la terre pour rattraper le niveau existant. Un travail de titan, mais qui me permet désormais d’allonger considérablement ma période de culture et de pouvoir faire mes semis moi-même. Un bel aboutissement, même s’il me reste à peu près autant de travail pour mettre tous les arceaux et doubler la surface.

 

 

Les plantations

Elles continuent de s’étoffer, avec un sérieux penchant vers les vivaces et arbustes à fleurs en zone 1. J’ai décidé de mettre l’accent sur l’aspect paysagé et couleur après avoir été un temps uniquement focalisé sur l’aspect alimentaire. En effet, en plus des fonctions mellifères, voire fixatrices d’azote (lupins), l’esthétique reste une fonction se valant en elle-même. Privilégiant donc les vivaces et les annuelles se ressemant toutes seules, le tour des Escuroux est désormais un havre bourdonnant et coloré. Cela me permet également de limiter mon entretien aux seuls espaces de passage.

 

Je laisse de plus en plus monter à graines les différents légumes et me retrouve avec des semis spontanés un peu partout. Le fait de rajouter régulièrement du broyat me permet même d’avoir des champignons au milieu de ce joyeux bazar !

Je continue de multiplier toujours petits fruits (kiwaï, myrtilles, vignes anciennes, groseilles à maquereau, amélanchiers) et plantes aromatiques (romarin, origan, thym, lavande) pour finir de combler les quelques vides qui restent!

La haie brise-vent décolle enfin! les mauvaises conditions de ce terrain (sol superficiel, argileux et en forte pente), si elles ont limité la croissance les premières années, n’ont pas impacté sur la reprise, et les différents étages semblent être enfin partis. De plus les greffes continuent tous les ans sur cet espace hyper-dense (cette année : pommiers, poiriers, nashis, pruniers).

 

Les nouvelles productions du verger

En contrebas de la maison, planté sur baissières, ce verger multi-étagé entre désormais en phase de production. Après les pommes kazakhes l’année dernière, nous attendons cette année les premières poires, prunes, nashis, cerises et raisins! En plus des petits fruits qui nous comblent tous les ans, l’abondance commence à pointer le bout de son nez. A nous de gérer récolte et transformation désormais!

Un nouvel et dernier étage à été mis en place cette année : les lianes. Principalement des vignes (variété ancienne baco) sur les pommiers kazakhes. Une nouvelle expérience à vivre.

 

Les premières pommes kazakhes nous ont donc gratifiées de leur présence tant attendue : joli calibre pour une année si sèche, belle robe, juteuses mais cruel manque de sucre. Une seule variété a produit l’année dernière mais tout est en fruit désormais. J’attends donc le résultat des autres variétés pour tirer une conclusion définitive et je ne manquerais pas de vous tenir au courant!

Remarque : le pommier kazakh se bouture à merveille, c’est aussi une bonne nouvelle de l’année 😉

 

Les formations

Elles continuent avec les spécialités qui ont fait l’humble renommée de la maison : taille, greffage sauvage, potager en perma, autonomie énergétique et la petite dernière : cueillette et cuisine des plantes sauvages. Un stage de forêt-jardin sera programmé pour la Sainte-Catherine, nous vous tiendrons au courant (alternatif, toujours).

Demeure également notre PDC d’automne à la ferme écocitoyenne de la Bouzigue, près de Toulouse, du 1er au 13 octobre.

MAIS. Nous sentons une « urgence » : dans les conditions naturelles qui se détériorent, dans le climat (y compris social) qui devient chaotique, dans tous les nuages qui s’amoncellent sur l’horizon des futurs… Côté opinion publique, nous observons aussi une vague de fond, une prise de conscience globale de la nécessité d’une transition écologique globale et individuelle que nous souhaitons accompagner.

Cette recherche de résilience personnelle et locale est notre ligne-clé depuis le début : autonomie vivrière et énergétique, design global, réappropriation des savoirs-faire traditionnels, écoconstruction… L’écolieu des Escuroux est désormais prêt à remplir le rôle que j’imaginais pour lui depuis le début.

 

En 2019, Prise de Terre sort du bois!

Nous lançons début juin une campagne de financement participatif pour développer l’autonomie et la capacité d’accueil des Escuroux. Un de nos objectifs : pouvoir recevoir davantage de groupes, pour des formations plus longues; explorer plus profondément tous nos sujets; développer d’autres thématiques et d’autres partenariats…

Nous souhaitons répondre au mieux à une demande qui nous semble aller dans la bonne direction : plus de sens, de savoir-faire, de savoir-être.

Nous aurons besoin de vous tout bientôt, pour partager notre page de campagne sur KissKissBankBank, nous aider à la faire connaître à votre réseau ou faire un don. Recueil d’articles, petit livret sur le jardin autonome, stages, rencontres, immersions : nous vous concoctons des contreparties aux petits oignons. Il y en aura pour tous les goûts et pour toutes les bourses !

Grâce à vous, nous allons pousser les murs des Escuroux, pour mieux préparer l’avenir et continuer à « réintroduire l’Humain dans son milieu naturel ».