Sixième extinction de masse, modification du climat hors de tout contrôle, pollution généralisée, disparition des stocks d’eau douce, déplacements présents et à venir de millions de personnes : au 21ème siècle, homo sapiens est entré en terre inconnue. Le futur lumineux du progrès qu’on lui a tant vanté ne tient pas ses promesses et le prix à payer est toujours plus élevé…

Au fil des siècles, l’être humain s’est coupé de son environnement pour le réduire à des matières premières. Pour son confort présent, il a mis en gage son avenir et celui de ses enfants, basé son développement sur l’exploitation de toutes les sphères de la nature. Une séparation nature/culture poussée à son paroxysme ces dernières décennies, avec des armes (énergies fossiles, métaux rares…) qui lui donnent les moyens de ses ambitions. A puiser sans discernement dans des stocks finis, il commence à apercevoir le fond de la cuve… A-t-il seulement compris qu’il n’y avait pas de planète B ?

L’exploitation vaut aussi pour tous les êtres vivants, y compris les autres humains : esclavagisme du travail, sexisme et patriarcat, affaiblissement du lien social et des solidarités, promotion de l’individualisme au détriment du collectif… L’inverse de la résilience : la capacité d’un système naturel, cultivé, et même social ou psychologique, à se reconstruire, se recombiner et continuer d’exister après un choc.

Agriculture, administration, management, technologies : les modèles que l’Humain hors-sol a mis en place sont des colosses aux pieds d’argile. Simplifiés, dépendants des énergies fossiles, court-termistes et sensibles aux modifications externes, ils sont hyper-efficaces quand les conditions sont maintenues mais terriblement fragiles dès qu’elles se dégradent. Une fragilité qui se retrouve aussi dans la psychologie humaine. On ne saccage pas impunément sa Nature…

Les écosystèmes naturels sont, eux, hyper-résilients. Susceptibles de s’adapter aux perturbations extérieures de tous ordres, composés d’une infinité d’éléments interdépendants et en synergie, ils fournissent gratuitement une abondance de produits et de services.

La permaculture s’en inspire pour mettre en place des systèmes autonomes, très productifs, robustes dans le temps, offrant des services écosystémiques pour toutes les sphères du vivant. Elle propose une autre idée de la modernité. Elle n’est pas un retour en arrière, mais bien un bond en avant, une troisième voie qui allie développement harmonieux de l’Humain et de l’environnement.

Basée sur une éthique forte, gage de pérennité des structures sociales, agricoles et  économiques, c’est une méthode de conception de systèmes durables. Cette ambition de “réintroduire l’Humain dans son milieu naturel” est au coeur de la démarche de Prise de Terre.

Sans verser dans un optimisme béat, nous sommes convaincus que l’Humain peut refaire (une partie au moins de) ce qu’il a défait. Il peut se rappeler la racine commune de “humus”, “humanité” et “humilité” : la terre. Aller dans le sens de la Vie. Retrouver le pouvoir d’impulser de la fertilité, de la biodiversité, de purifier l’eau et l’air, de stocker du carbone, de créer de la beauté. Et redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un Jardinier…

Par des immersions, formations et chantiers participatifs, Prise de Terre propose de se reconnecter au vivant et de sortir d’une logique de rareté pour entrer dans une logique d’abondance. Autonomie alimentaire et énergétique, gestion de l’eau, écoconstruction, design global : nous insistons sur la réappropriation des savoirs-faire de base pour mieux vivre avec et dans la Nature, comme sur les dernières avancées en sciences vivantes et technologies low-tech.

Avec des intervenants de tous horizons, une envie furieuse de faciliter la diversité sociale et une pédagogie basée sur l’échange et l’intelligence collective, nous nous appuyons surtout sur la richesse des relations humaines, facteur de résilience irremplaçable.

Notre credo : Être, dans le Savoir et le Faire, en lien les uns avec les autres.

Biotope naturel de Prise de Terre dans le Cantal depuis 2012, l’écolieu des Escuroux est un bel exemple de système permacole. Nous y expérimentons des techniques innovantes : agroforesterie multi-étagée, agroécologie, petit élevage, gestion fine et passive de l’eau, écoconstruction, autonomie énergétique… C’est aussi un espace de rencontres festives ou sérieuses et de visites pédagogiques. Un havre d’inspiration et d’échanges.

Face à une demande grandissante, forts de nos expériences, nous passons à la vitesse supérieure. En augmentant notre capacité d’accueil et notre autonomie, nous souhaitons transformer les Escuroux pour :

  • Recevoir davantage de groupes, y compris pour des formations plus longues
  • Explorer plus profondément tous nos sujets
  • Développer d’autres thématiques et d’autres partenariats…

Notre intention : hisser les Escuroux à la hauteur des enjeux actuels, et contribuer, à notre échelle, à dessiner un avenir plus durable et désirable.