­

Les fixateurs d’azote en permaculture

Dans un système en permaculture durable et résilient, chaque élément doit avoir plusieurs fonctions. Une des fonctions fondamentales au bon fonctionnement d’un écosystème (cultivé ou naturel) est celle de fixateur d’azote. Pour plus d’infos sur les guildes voir ici et ici. Kesako? Certaines plantes, dont en particulier la famille des légumineuses (fabacées), ont la particularité de fixer l’azote atmosphérique par le biais de symbiose avec des bactéries (rhizobium) situées dans leurs racines : c’est ce qu’on appelle des nodosités. Et l’azote, c’est un peu le carburant des plantes et de la photosynthèse en général, il a un rôle clé dans le métabolisme et la croissance. Ces plantes rendent biodisponible cet azote pour les autres à la faveur d’une taille ou de leur mort, voici donc l’alternative toute trouvée pour les engrais azotés et les effluents d’élevage. Le tissu conducteur apporte à la nodosité les glucides et autres substances organiques nécessaires au métabolisme cellulaire. Il transporte aussi les composés azotés produits dans la nodosité vers le cylindre central, qui les distribuera dans toute la plante.  […]

Des légumes en plein hiver

Qui ne s’est jamais vu sortir le nez de son trou à partir seulement d’une somme cumulée de 30 jours sans pluie et d’une température moyenne de 20 degrés? Cultiver vitevite des légumes d’été pleins d’eau style tomates cerises et salades pour accompagner barbecues et rosés, et rentrer hiberner au mois de septembre parce qu’il fait froid, c’est la rentrée et puis-j’ai-pas-que-ça-à-faire? Mais ça, c’était avant. Pourquoi? d’abord parce que vous allez lire ce modeste billet qui vous expliquera qu’on peut cultiver une grande quantité de légumes pour se nourrir même pendant la saison froide. Ensuite parce qu’il est temps de se prendre en main (et sa nourriture) toute l’année et ce, même en dehors de la saison du Tour de France. Car gardez toujours à l’esprit que l’Hiver arrive… […]

Les plantes comme un livre…

Depuis la séparation de l’Humain et de la Nature (il y a peu) et l’avènement de l’ère industrielle, le dialogue intime entre ceux qui marchent debout et leur écosystème a été brisé. Nous sommes devenus sourds et aveugles à notre entourage a tel point que nous détruisons les chances mêmes de notre espèce à se perpétuer sur Terre. Un exemple de cet autisme est l’incapacité absolue à voir les messages que nous transmet notre environnement que ce soit au niveau planétaire mais également et surtout juste là, sous nos pieds. Car la Nature est un grand livre, qui nous parle de mille façons :  sons, goûts, odeurs, vue. Il y a bien d’autres sens encore plus subtils qui se sont fermés à nous mais je m’éloignerais dans des sphères où je n’ai guère ma place… Ce que nous prenons comme factuel est en fait un message. Tout est message : la couleur d’une rivière après la pluie, ce vent d’ouest qui se lève, la présence de telle ou telle plante, insecte, animal en cet endroit, de même que son absence,… Prendre conscience que c’est un message est déjà une chose, en tirer un enseignement en est une autre. Je vous propose une très succincte présentation de ce langage primordial des plantes bioindicatrices, tellement riche d’enseignements qu’il en devient pour moi une science à part entière, une autre façon de connaître son environnement, ses potentialités et ses déséquilibres. […]

Légumes vivaces en maraîchage bio : une approche permaculturelle

Voici le résumé d’une formation que j’ai donné au Groupement Régional d’Agriculture Biologique (GRAB) de Haute-Normandie. Suite à mon article « tour d’horizon des légumes perpétuels et vivaces », j’ai eu beaucoup de questions et de demandes d’approfondissements. Cette modeste formation tente donc d’aller plus loin en proposant des pistes de réflexions pour intégrer des productions pérennes en maraîchage biologique, par une approche permaculturelle. J’ai réalisé également des fiches de culture de 15 légumes vivaces, depuis les plus connus aux plus exotiques que je laisse en téléchargement libre à la fin de l’article. […]

Pommes …

Le titre exact devrait être « Plantation d’un pré verger multiétagé à base de pommiers kazakhs, issu des principes de la permaculture dans le cantal », mais j’ai trouvé ça trop long. La forêt kazakhe, une formation forestière unique, basée sur les rosacées Au confins du Kazakhstan, au fond à droite vers le Kirghizstan, se trouve un massif forestier unique au monde, protégé depuis des millénaires par des montagnes infranchissables. L’étage dominant (la canopée) est constitué principalement de pommiers, clairsemés sur les crêtes, plus denses dans les fonds de vallées où il peut atteindre trente mètres de haut! Les étages inférieurs sont constitués de plantes pratiquement toutes comestibles : aubépine, prunier, abricotier, rose, vigne, argousier, framboisier, rhubarbe, etc. Berceau du mythe du Jardin d’Eden? Autre chose, nos amis les ours ont fait un travail admirable de sélection des variétés fruitières les plus intéressantes gustativement, en particulier sur les pommiers : certains de ces pommiers sauvages peuvent produire des fruits savoureux avec un calibre rivalisant avec des variétés commerciales! Attention cependant aux sirènes, seulement 10% de ces pommiers géants ont une valeur gustative véritable! Leur intérêt peut être ailleurs… Le malus sieversii (car il s’agit bien de lui) en tant qu’ancêtre de nos pommes actuelles est un réservoir génétique extraordinaire, en particulier pour des gènes de résistances aux maladies (tavelure en particulier). Dans le cadre d’un changement climatique ultra rapide et d’effondrement de la biodiversité, la diversité génétique est un gage de résilience fondamental. Peut-être, ces malus sieversii sauveront-ils nos pommiers des modifications qui se profilent? […]

Des nouvelles de la Ferme des Escuroux

Je n'ai pas énormément posté ces derniers temps, je m'en excuse mais cette année fut riche et beaucoup moins tranquille que je ne l'avais espéré cru! Pris dans pas mal de projets de formations, de designs et d'accompagnements divers, j'ai dû choisir les priorités. Aujourd'hui il pleut et je suis coincé par un lumbago détestable, [...]

Construction d’une spirale d’aromatiques

L’une des marottes (et ils en ont beaucoup) des permaculteurs est de supprimer les lignes droites, quelles qu’elles soient : inesthétiques, inexistantes dans la Nature et totalement dysfonctionnelles, elles seront remplacées par des lignes courbes, des formes organiques et naturelles, plus aptes à remplir des fonctions utiles à la Vie. Ces « patterns » ou motifs de la Nature sont les bases de construction du vivant et on les retrouve partout, de la cellule végétale aux grandes formations géologiques : patterns d’embranchements : érosion ravinante, arbres, éclairs, système nerveux et sanguins, bronches, etc…. patterns en « croissants » : dunes, écailles, cellules de peau, etc…. patterns sinusoïdaux : vagues, serpents, méandres, … patterns concentriques : ondes, cernes des troncs, mouvement de l’eau, … patterns « overbeck jet » ou grosso modo en coupe de champignons : flux de liquide ou de gaz pénétrant une autre substance, poumons, cerveaux, coupes transversales  de certains fruits, etc… L’overbeck jet se reconnectant sur lui-même donne aussi naissance à la forme dite « tore » ou « torus », particulièrement intéressante en terme énergétique (forme autorégulée). et enfin le pattern de spirale, du plus petit coquillage à la plus éloignée galaxie, cyclones, maelströms, spirale d’ADN, pousses de fougères et autres tiges de plantes grimpantes. Chaque série de pattern possède une ou plusieurs actions spécifiques : stocker, distribuer, concentrer, etc… Ces particularités énergétiques seront les guides, des références pour le design en permaculture. L’une des figures emblématique de la permaculture est la spirale, symbole englobant et concentrant en même temps, multidirectionnel, il incarne mieux qu’aucun autre la vision globale de la permaculture. Je vous propose aujourd’hui un petit tutorial pour construire une spirale d’aromatique. Plus qu’un passage obligé, un « marronnier » de la permaculture, cette dernière est avant tout une porte ouverte sur ses principes, une façon d’appréhender la vision et l’éthique, la réalisation d’une telle spirale ayant déjà été un support pour des cessions d’introduction à la permaculture… […]

Mauvaises pratiques culturales : les plantes nous expliquent

Qui n’a jamais pesté contre les mal nommées « mauvaises herbes » et le fait qu’elles reviennent systématiquement chaque année envahir nos espaces avec souvent de plus en plus de virulence ? Comme tous les envahisseurs, nous sommes tenus de nous poser la question « mais… d’où viennent-elles, … que veulent-elles ? ». A force de voir toujours les mêmes aux mêmes endroits, on fini par accepter cette fatalité comme telle et on désherbe, on désherbe, et on peste. Le même « problème » sur des surfaces agricoles revêt de suite une toute autre dimension. Et souvent les exploitants agricoles, forts dépourvus quand l’amarante fut venue, d’user, voire d’abuser de pesticides sélectifs (ou pas). Ce qui règle le problème… jusqu’à ce qu’elles réapparaissent, ce qui arrivera inévitablement. Comment sortir de ce cycle infernal qui mécontente tout le monde (spéciale dédicace aux nappes phréatiques surpolluées) ?  Une fois de plus en changeant notre vision, en considérant les choses sous un autre angle. Là aussi, et si le problème était la solution ? Car bien entendu rien dans la Nature n’est le fruit du hasard. Toute chose à sa causalité propre. Et ces « mauvaises herbes » ont énormément de choses à nous dire, qui nous renvoient face à face à nos propres dysfonctionnements. C’est ce langage secret que je vous invite à découvrir ici, avec une petite enquête… […]

14 septembre 2012|Mots-clés: , , , |7 Commentaires

Légumes vivaces et perpétuels : tour d’horizon

A une époque où l’on cuisine du durable (et pas que de lapin) à toutes les sauces, peut-être est-il bon de réfléchir à de nouvelles manières d’envisager nos propres légumes. Le jardinage ne serait-il pas lui aussi soumis à la frénésie consumériste au même titre que le reste? Nos légumes actuels sont le fruit d’une sélection basée sur une certaine façon de cultiver, de « consommer » le jardin. De plus une grande partie de nos cultures nous vient de pays situés sous des latitudes plus clémentes, ce qui implique un travail conséquent pour adapter ces cultures : semis au chaud, rempotages successifs, amendements spécifiques, irrigation importante, soleil et chaleur … Il faut qu’on les adapte à un environnement qui n’est pas le leur et si on a mal bouclé notre affaire, elles souffrent ce qui engendre développement de maladies cryptogamiques, multiplication de parasites et donc : traitements, etc. Le cercle vicieux le plus équitablement partagé dans le monde… […]

18 août 2011|Mots-clés: , |28 Commentaires