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Des nouvelles de la Ferme des Escuroux

Je n'ai pas énormément posté ces derniers temps, je m'en excuse mais cette année fut riche et beaucoup moins tranquille que je ne l'avais espéré cru! Pris dans pas mal de projets de formations, de designs et d'accompagnements divers, j'ai dû choisir les priorités. Aujourd'hui il pleut et je suis coincé par un lumbago détestable, [...]

Les décomposeurs de l’Agroécologie

Comme je le disais rapidement en commentaire suite à mon dernier billet, le nouvel engouement du gouvernement et de notre nouveau ministre de l’agriculture pour l’agroécologie m’inquiétait un peu. On connait les ficelles de la com’ gouvernementale et du grand cinéma médiatique. Quand un sujet est mis en avant à ce point dans l’opinion publique, c’est en général qu’il va se faire récupérer… Rappelez-vous en 2007, quand un Borloo (rouge sur fond vert) nous disait avec un clin d’œil goguenard et un sourire d’agent d’assurance « on va sauver la planète ». Ne mentez pas, vous y avez cru. Un instant en tout cas. Et bien ils remettent ça : ils ont réussi à dénaturer le label AB, décrédibiliser l’écologie politique au sens large maintenant ils vont salir l’agroécologie. C’est dans l’ordre des choses. […]

La permaculture ou la barbarie??

S’il est un permaculteur reconnu et très médiatique (à part Mollison peut-être), c’est bien Geoff Lawton (la preuve il a même sa page wikipedia, c’est dire). « Greening the desert », c’est lui, il a aussi beaucoup écrit, filmé, planté et enseigné sur les « food forests ». Il est également le responsable du « permaculture research institute » en Australie, crée en son temps par Bill Mollison. Designer émérite, il a enseigné à des centaines d’étudiants venus des 4 coins du globe pour boire ses paroles et bosser gratos. C’est un « monstre » par son savoir, son expérience, et il semblerait aussi par la taille de son melon. Je suis tombé sur une nouvelle vidéo de lui il y a quelques temps, et j’ai été, je dois dire, assez soufflé par l’angle pris.Tout est dans le titre : « Surviving the coming crisis ». Vous pouvez la télécharger sur son site, c’est en anglais. Rien de neuf quand au fond, c’est la forme qui m’a décidé d’en parler ici. Car je crois que ce n’est pas anodin, c’est même assez caractéristique de notre époque. Au fur et à mesure que des inquiétudes (justifiées) se précisent quand à notre futur, que la sensation générale d’un progrès technique qui a failli se répand, on peut être amenés à se tourner vers un repli sur soi, sa famille, au mieux sa communauté. Chercher des pistes pour sauver sa peau et celle de sa famille… saine occupation mais est-elle vraiment compatible avec la permaculture et surtout son éthique? Ce mélange des genres me laisse un petit goût amer, mais je sens que cette réflexion est nécessaire et enrichissante car comme le reste, la permaculture est et sera ce qu’on en fait. Petite analyse … […]

De l’air pour nos vieux fruitiers!

Je vis dans une région qui était autrefois couverte de pommiers. Les champs étaient quasiment tous des prés-vergers et la production des fruits était une richesse inestimable dans ce pays (autrefois) pauvre : pommes à couteaux, à cuire, de garde, compote pour l’hiver, jus de pomme, cidre, vinaigre, gnôle (de pomme ou de « pitain », résidu de presse), nourriture pour les cochons. La plupart des maisons avaient leur pressoir et leurs arbres étaient une vraie richesse. Le désintérêt et le prix du mètre carré ont fait disparaître une tradition séculaire en quelques dizaines d’années. Dévorées par les zones pavillonnaires, les routes, rocades, ZIEC, ZAC, ZUP et autres bubons asphaltophiles, le non renouvellement des arbres  et leur non-entretien les ont fait pratiquement tous disparaître. Or, il suffit parfois de peu de choses pour conserver voire sauver ce patrimoine et en même temps obtenir toujours une belle production. Ces arbres sont le résultat de sélections séculaire et de proximité intimes avec des générations d’humains qui les ont qui les ont plantés, greffés, soignés. Parce que le patrimoine de l’Humanité c’est aussi cela. Voici quelques grandes règles à respecter pour garder en bonne santé le plus longtemps possible les pommiers de pappy. […]

Attention tartuffes : L’Agriculture Ecologiquement Intensive

C’est intensif, oui mais écologique. C’est nouveau, ça vient de sortir. Ils arrivent en précurseurs, ils ne sont que des récupérateurs. Rien à voir avec l’intérêt général, ils sont au services des mêmes qui posent problèmes depuis des années. Issus du Grenelle de l’environnement, ils sont là pour récupérer des morceaux, les éplucher et les rendre bankables auprès du système agro-industriel. Leurs sponsors? Système U, John Deere, l’ESA, le Crédit Agricole et diverses boîtes vendant des technologies vertes. Des philanthropes vous dis-je. Nouvelle Agriculture (TM), Agriculture Ecologiquement Intensive (TM), ces tartes à la crème copyrightées « développement durable » en agriculture, vont sauver la planète de la famine et de la pollution. Pierre Rabhi à côté n’est qu’un boyscout. Dans leur manifeste, tout est très louable et on se sent enveloppé d’optimisme et d’allégresse pour la pachamama. On entend même parler de vie du sol, culture sans labour, économie d’eau, biodiversité. Joie. Mais la ficelle est épaisse . […]

Le jour où on a tué les paysans

En ce jour du 28/11/2011, une poignée de députés (moins d’une vingtaine) ont voté la mort programmée de la paysannerie et de centaines de siècles de co-évolution avec les semences fermières.  La « Loi sur les Certificats d’Obtention Végétale » ne reconnaît le droit d’utiliser les semences de ferme (reproduites et sélectionnées sur place) que pour 21 espèces, renforçant l’interdiction sur les autres semences  pour les cultures intermédiaires, les légumes, le soja. Ce qui va à l’encontre même de l’idée de sélection et de biodiversité. Notre gouvernement élu démocratiquement vient de mettre fin (faim?) à notre souveraineté alimentaire. Ça n’arrive pas qu’aux pays du Sud. […]