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Prise de Terre

Vers la Forêt-Jardin

Une méthodologie simple pour concevoir un espace nourricier multi-étagé productif et résilient.

Par Mathieu Foudral, dans Forêt-jardin -

Nous avons vu dans le chapitre précédent tous les avantages à créer un système agricole basé sur l'arbre et les plantes pérennes (ou plutôt les désavantages à faire autre chose que ça). Nous avons vu aussi que ces systèmes accompagnent l'Humanité depuis des millénaires et sont tous très précisément adaptés au contexte et à ses besoins divers. Cette plasticité nous permet d'envisager des agrosystèmes cultivés multi-fonctionnels, répondant à des besoins nouveaux et immémoriaux : alimentaires, matériaux, services écologiques, stockage CO2, cycle de l'eau, des minéraux etc.

Tout d'abord, de quoi parle-t-on ? forêt-jardin, jardin-forêt, forêt comestible, forêt jardinée, voire même agroforêt ? on se perd dans les méandres lexicaux. Un peu de rangement sera le bienvenu :

Définitions

agroforesterie : 2 étages, 2 cultures. On distingue suivant l'objectif plusieurs types d'agroforesterie : maraîchage en agroforesterie, agro-sylvo-pastoralisme, agroforesterie céréalière, etc. L'objectif de récolte de la strate arborée peut être également multiple : bois d’œuvre, de chauffage, biomasse, fruits, fourrage, etc... Ne pas oublier que l'agroforesterie peut être limitée à être la combinaison de 2 simples monocultures.

forêt comestible, forêt nourricière, forêt jardinée : la dominante est l'arbre dans ces cas-ci.

  • soit une forêt naturelle où les aliments ne proviendront que de la flore indigène
  • soit une forêt reconstruite plantée de tout un éventail d’espèces alimentaires

futaie jardinée (en gestion forestière) : cas particulier de la futaie irrégulière. On cherche alors à produire une forêt avec un mélange intime d'arbres d'âges différents, avec une ouverture suffisante du couvert pour assurer une régénération et une promotion constante des arbres. C'est une sylviculture arbre par arbre et non une sylviculture de peuplement comme les autres régimes forestiers.

Jardin forestier : jardin dans une forêt… Attention à l'ombre !

Agroforêt : forêt dont la composition faunistique et floristique sont gérées par la ou les populations humaines locales. Il en découle une forêt alimentaire complexe, peu à peu recolonisée par la faune et la flore sauvage, d'aspect sauvage, voire primaire pour les non avertis. C'est cette non-reconnaissance par les colons européens de cette agriculture verticale qui a légitimé l’accaparement des terres par ces derniers, ces sauvages ne sachant même pas faire pousser du blé !

Paraculture : manipulation de la plante sauvage visant à en favoriser le renouvellement dans un espace naturel, sans désir de la domestiquer.

Jardin-forêt, jardin boisé, étagé, etc : espaces prenant place à la campagne comme en ville, généralement autour des habitations. La partie inférieure (vivaces, annuelles, arbrisseaux) est dominante par rapport à la partie arborée.

On a tendance à oublier un peu vite qu'il y a encore peu, nos agricultures étaient toute fortement liées à l'arbre (et le sont encore dans certains cas) : dehesa, vita maritata en Italie, joualles, bocage et autres "bouchures" en France et plein d'autres.

Mais depuis le rouleau compresseur du plan Marshall, de la "Révolution Verte" et du remembrement des 30 glorieuses, ces systèmes agricoles (ou vivriers) ont régressé petit à petit jusqu'à disparaître quasi complètement.

Ces systèmes pluri-centenaires fonctionnaient bien et avaient plein d'avantages. Mais on peut encore faire mieux. Pourquoi ?

  • Des avancées scientifiques en terme de microbiologie des sols, climatologie, cycle de l'eau, agronomie etc, nous permettent de mieux comprendre les synergies mises en œuvre dans les écosystèmes naturels et donc de les imiter encore plus fidèlement. La biodiversité est plus qu'un objectif, elle devient un outil.
  • Des connaissances avancées en botanique notamment nous permettent désormais d'adapter à chaque contexte pédoclimatique des espèces et variétés adéquates, optimisant au maximum nos systèmes. Ces nouvelles forêt-jardin intègrent donc désormais un éventail végétal venant de tous les continents, assurant profusion de produits, synergies et fonctions vertueuses. On pourra reparler de la question de l'exotisme, du potentiel invasif, ou juste du "pas-de-chez-nous" : au vu de l'armaggedon climatique qui s'annonce, soyons résilients et inclusif...
  • "Au cours des 40 prochaines années, l'humanité devra produire plus que pendant ces dernières 10000 années" (source : the economist). La faute à la baisse de la surface des sols agricoles, leur épuisement, les contraintes climatiques diverses, les incertitudes pétrolières pour les années à venir, un effondrement génétique des céréales, fruits et légumes, les rendant plus fragiles (on observe d'ailleurs un plafonnement voire une baisse générale de la production agricole), et une population humaine qui s'approche gentiment des 8 milliards d'individus majoritairement urbains, donc peu résilients. Il est urgent de trouver un plan B.

La difficulté consiste à savoir concevoir et gérer cette complexité. En effet, il ne s'agit pas d'un seul itinéraire technique comme les céréales (ou n'importe quelle monoculture), mais un empilement de cultures différenciées, produisant toutes des matériaux et produits spécifiques, en interaction entre elles.

Voici des clés, des motifs de conception pour bien choisir vos plantes, les associer, leur donner le maximum de chance et recréer un agrosystème arboré productif et résilient. Ce sont des bases, à vous d'affiner selon vos rêves, objectifs, conditions climatiques et pédologiques.

Pattern #1 : la Nature a horreur du vide : les étages

Ce qui caractérise les écosystèmes naturels et le milieu forestier en particulier, c'est la succession écologique, l'optimisation de l'espace, le fait que toutes les niches écologiques soient occupées. Recréer un écosystème cultivé consiste à remplacer toutes les niches écologiques forestières par des végétaux comestibles et/ou utiles

Ces différentes niches peuvent être divisées en 7 étages principaux :

  1. Canopée : arbres généralement définis comme supérieurs à 7m : pommiers, poiriers, cerisiers, châtaigniers…
    Certains systèmes peuvent ne pas avoir d'étage dominant ou n'avoir que peu d'arbres de haute tige. Cette strate détermine la quantité de soleil disponible pour les autres strates et consomme la plus grande partie des nutriments et de l'eau disponible. La plus grande attention devra être portée sur la production des étages inférieurs, une canopée espacée augmentera les récoltes dans ces strates.
  2. Sous-canopée : Les arbres de sous-canopée sont en général bien adaptés à l'ombre, néanmoins, les productions augmentent avec l'ensoleillement. Les arbres de cette strate peuvent éventuellement remplacer les arbres de la canopée : pawpaws, pêchers, pruniers, autres fruitiers à pépins greffés sur porte-greffe nanifiant, ...
  3. Arbustes : inférieurs à 7m, ils se ramifient naturellement de la base. Comme les plantes de sous-canopée, les arbustes sont adaptés à l'ombre et augmentent la production et la diversité du système : sorbiers, sureaux, amélanchiers, noisetiers, petits fruits divers...¶
  4. Herbacées vivaces : légumes-feuilles, légumes-racines, plantes sauvages comestibles, en plus d'offrir une large variété de produits alimentaires ou médicinaux, les fleurs vivaces et légumes pérennes offrent de nombreuses niches pour les insectes qui vont aider à augmenter la résilience du système : pollinisation, gestion des ravageurs, protection des autres plantes : agastache, rhubarbe, consoude, ....
  5. Couvre-sol : utilisés comme mulch vivant, ils permettent de limiter les adventices et de conserver l'humidité du sol (en plus de fournir également différents services écosystémiques) : luzerne, fraisiers, oseille : fraisiers, variétés de rubus, gaulthéries, rhubarbe...
  6. Champignons/tubercules (strate mycélienne) rhizosphère : on a tendance à oublier nos amis champignons qui ont un rôle fondamental et qui sont une source précieuse de protéines. Ils peuvent faire partie du plan de plantation ou s'installer par eux-même. On y trouve aussi la plupart des légumes-racines comestibles qui permettent de décompacter le sol et de l'enrichir ainsi que de concentrer certains minéraux des profondeurs : topinambours, glycine tubéreuse, apios americana,…
  7. Grimpantes : Elles peuvent pousser sur chaque étage en se servant de toutes les plantes comme support. La taille peut être nécessaire pour les contenir et qu'elles n'étouffent pas le reste de la végétation : vigne (qui était autrefois cultivée dans les arbres), kiwi, passiflore, kiwaïs, glycine tubéreuse,...

Suivant la littérature on trouvera plutôt 8 étages. Ou parfois 6, des arbustes à la place des arbrisseaux, pas de strate mycélienne... Bref, l'important étant de comprendre que la Nature a horreur du vide et que nous devons aller vers PLUS de diversité à tous les étages !

On étudiera scrupuleusement l'espacement : l'ombre est le facteur limitant en forêt, d'autant plus avec des végétaux au départ plutôt adaptés à un milieu ouvert. Il faut prendre en compte la taille "adulte" des individus que l'on installe pour anticiper les zones d'ombre, parfois fatales à certaines variétés (ou choisir dès le départ des variétés qui se plaisent en mi-ombre).

C'est aussi tout l'intérêt de ce genre de système : créer des micro-climats favorables, des biotopes spécifiques pour aller vers toujours plus de fertilité et d'abondance.

Remarque : l'étagement au-dessus du sol se retrouve également en dessous. Les systèmes racinaires se complètent et prospectent chacun des zones et profondeurs différentes.

Ainsi un jardin basé sur l'imitation d'un écosystème forestier peut parvenir à une bien meilleure utilisation des ressources disponibles, au-dessus du sol (accès à la lumière ) et sous terre, qu'un jardin à étage unique, car un plus grand nombre de niches sont utilisées. Le rendement par unités de surface potentiel est donc également supérieur.

La grande majorité des plantes composant la forêt-jardin sont des plantes ligneuses et vivaces. Des annuelles peuvent être associées à condition qu'elles trouvent des conditions lumineuses qui leur convienne.

Pattern #2 : chaque élément a plusieurs fonctions : Les guildes

Pour optimiser les synergies positives entre les différentes plantes du système du jardin-forêt, on peut affiner le niveau de recherche.

Les éléments de l'écosystème travaillent tous dans un réseau interdépendant ou les fonctions et produits de chacun remplissent les besoins des autres. De plus, idéalement, un seul élément (plante, animal ou insecte) aura plusieurs fonctions dans le système, augmentant les chances de redondance et donc de résilience et de production.

Les guildes sont des groupes d’espèces qui s'entraident les unes les autres de différentes façons, assurant une beaucoup plus grande autonomie et pérennité du système. Cela nécessite au préalable de connaître les principaux rôles agronomiques des différents végétaux composant un système forestier. Dans une guilde idéale, nous avons des plantes de différentes sortes combinant différentes fonctions hautement complémentaires :

  • Fixateurs d'azote : L'azote est souvent l'élément le moins disponible dans le sol, mais le plus important pour les plantes. Certaines plantes fixent l'azote atmosphérique via des bactéries symbiotiques (azotobacters) présentes dans leurs racines et le rendent biodisponible pour les autres plantes. Les plus courants sont la luzerne, le trèfle, l'argousier, l'eleagnus. On en trouve de toutes les tailles, dans toutes les strates. On les placera préférentiellement au même endroit que les accumulateurs dynamiques (aplomb des cimes).
    voir article complet ici
  • Plantes reminéralisantes : appelées aussi "plantes accumulatrices", elles ont cette capacité de concentrer certains minéraux du sous-sol (elles ont des racines puissantes et profondes) et rendre ces derniers biodisponibles pour les copines en surface. Elles ont un rôle important car elles complexifient les échanges bio-géo-chimiques et donc enrichissent naturellement le système. Certaines fixent plus spécifiquement potassium /calcium comme la consoude, d'autre le fer comme l'ortie ou le phosphore comme le chardon. L'oseille et la camomille romaine sont d'excellents exemples de plantes qui reconstruisent le sol et réduisent les pertes en lessivage en accumulant des minéraux et les redonnant aux voisins par les exsudats racinaires ou la décomposition des feuilles. Placez ces plantes le long de l'aplomb de la couronne des arbres de la canopée, là où les plantes à racines sont les plus nombreuses naturellement.
  • Plantes attirant les insectes : la plupart des ombellifères (par exemple) sont de véritables pistes d’atterrissage pour de nombreux coléoptères et diptères. De même, toutes les plantes à tiges creuses ou avec de la moelle sont très importantes pour l'hivernage de tout ce beau monde. Pour ma part, j'installe beaucoup de fenouil vivace, et aussi du sureau et des framboisiers (pour les tiges creuses). Je profite de ce passage pour rappeler que si la biodiversité est l'objectif, elle en est aussi le moyen ! La Vie appelle la Vie, et la complexité la résilience...

Chenille de machaon sur une carotte sauvage

  • Plantes mellifères : Les floraisons étalées durant toute la saison vont bénéficier à tous les butineurs, les insectes auxiliaires et aux oiseaux, ce qui va aider à la pollinisation (et donc d'induire une augmentation significative de la productivité via la fructification.) et à la régulation des ravageurs. Privilégier les fleurs sauvages, avec une floraison précoce et/ou tardive, ainsi que des fleurs avec des systèmes floraux différents pour encourager la diversité des insectes.
    Des exemples de plantes qui fleurissent longtemps : agastache, échinacée pourpre, salicaire, aster, achillée millefeuille, menthe, …leur présence (et surtout la répartition homogène des floraisons tout au long de l'année) vont permettre d'augmenter naturellement le nombre de pollinisateurs.
  • Plantes aromatiques : C'est la boîte à pharmacie de votre système. Riches en huiles essentielles et en composés actifs, la présence régulière de ces plantes va booster la résistance des autres, de manière passive. Ensuite, elles vont occasionner un "brouillard olfactif" contre les ravageurs potentiels, permettant de limiter les dégâts de ces derniers : tanaisie, romarin, sauge, fenouil, menthe, etc.
  • Plantes couvre-sol : Je le redis ici : la Nature a horreur du vide. Un sol nu n'existe que dans 2 cas : l'agriculture conventionnelle et les déserts (toute relation de cause à effet n'est sans doute pas un hasard). Nous avons donc 2 solutions : le mulch (ou paillage) ou des plantes couvre-sols. Or 80% des micro-organismes du sol se trouvent dans les racines des plantes, ce qui oriente nos choix vers un paillage le plus "vivant" possible.
    Il y a plusieurs stratégies : uniquement du paillage (plus rapide et efficace mais moins intéressant agronomiquement et économiquement), des "patchs" de plantes couvre-sols régulièrement implantés (ex : rhubarbe, égopode, rubus tricolor, fraisiers, etc), voire uniquement des plantes et pas de paillage. Dangereux, surtout les mauvaises années, car les plantes spontanées peuvent prendre plus de place que prévu. Ne pas oublier que plus un système en permaculture est mature, moins on a besoin de s'occuper de cet étage (les feuilles mortes, déchets de taille, fruits abîmés etc devant se suffire à eux-même au bout de plusieurs années). Notre "ennemi", ce sont principalement les graminées : extrêmement concurrentielles avec les cultures en place. Les autres posent beaucoup moins, voire pas de problèmes. Ils peuvent former un épais tapis sous les culture et les accès pour empêcher le développement des plantes adventices. Les couvres-sols idéaux poussent lentement et offrent des niches intéressantes pour les auxiliaires et la vie du sol, limitent l'érosion, n'entrent pas en compétition avec les cultures et limitent fortement le mulching et le désherbage.
    En concevant un mélange de couvres-sol, il faut remplir toutes les niches avec des plantes coureuses et des plantes buissonnantes. En quelques années, l'idée est d'avoir une mer de coureuses avec des îlots de buissonnantes.

Chaque guilde correspond bien sûr à un milieu particulier (sol acide/basique, sec/frais, zone tempérée/chaude/froide) c'est pourquoi préconiser un seul exemple-type de guilde est un private joke....

Remarque : le cas des guildes "toutes prêtes".

Cette notion reste un peu complexe, et déstabilise beaucoup les nouveaux permaculteurs. Pas de problème, on vous a prémâché le boulot : savant mélange entre pifomètre et malhonnêteté agronomique, on trouve de plus en plus de "packs" de plantes servant de "guildes" autour d'arbres spécifiques. Quid de l'avantage additionnel, des chiffres ? Des exigences comparables au niveau sol et climat? Quid de l'évolution dans le temps ?

Attention aux "solutions miracles", "prêtes à planter", qui ne sont souvent miracles que pour celui qui les vends. Si la base peut être intéressante, il est évident que chaque contexte, chaque paramètre est tellement unique (sol, climat, objectifs, structure du système) que vouloir proposer un kit applicable partout en France est au mieux un vœu pieux, au pire de la publicité mensongère.

Des synergies s'opèrent dès que les plantes sont assez proches/développées pour ça. De la densité de plantation dépend l'intensité des synergies en place. Qui peut dire que telle ou telle "guilde" est plus efficace qu'une autre ? Personne. La clé étant de favoriser au maximum la juxtaposition des fonctions telles que mises en lumière plus haut. Pour le reste, chacun voit midi à sa porte. Vous avez mon opinion a défaut d'autre chose ;)

Pattern#3 : la phytosociologie

C'est la discipline botanique qui étudie les communautés végétales et leur relation avec le milieu, en se basant sur des listes floristiques les plus exhaustives possibles. il se trouve que certaines plantes se retrouvent très souvent à proximité d'autres : on les dits "socialement discriminantes". Entrent en œuvre des synergies bactériologiques, mycorhiziennes et/ou chimiques entre certaines plantes d'un groupe floristique donné.

L'idée est de s'inspirer du cortège floristique existant dans la nature pour reformer sur le terrain un cortège similaire ou le plus proche possible, pour profiter des synergies naturelles et ainsi favoriser chaque plante dans sa globalité.

On peut trouver des informations adéquates sur ce lien, ainsi que des exemples très intéressants d'applications in situ sur le blog (indispensable) de permaforêt.

Pattern #4 : Gérer l'ombrage :

Comme dans tous les systèmes forestiers, le principal facteur limitant en forêt est la lumière.

Elle détermine l'évolution du cycle physiologique de chaque plante : débourrement-pousse-fleuraison-fructification. Chaque plante a des besoins particuliers en lumière pour effectuer son cycle dans les meilleures conditions possibles. On peut modifier ce facteur primordial de 2 façons :

  • En adaptant au mieux la distance de plantation (bien jauger le développement futur de l'arbre/arbuste/plante )
  • En compensant (le moins possible) par la taille pour amener la lumière nécessaire pour les étages inférieurs si besoin est.

On privilégiera les lisières, qui sont le milieu ouvert privilégié des arbustes, arbrisseaux, légumes et plantes vivaces pour se rapprocher du stade dit de "fruticée", celui, dans la succession écologique" qui nous intéresse le plus. En effet, avant l'avènement de la forêt climacique, c'est un stade transitoire exceptionnellement riche en rosacées principalement, famille botanique des principaux végétaux fruitiers. C'est une base idéale pour la création d'une forêt-jardin.

Dans la nature, les plantes les plus basses commencent leur cycle de végétation en premier, lorsqu'il n'y a pas d'obstacle aux premiers rayons du soleil hivernal, puis viennent les arbrisseaux, arbustes et enfin les arbres lorsque les derniers risques de grands froids sont écartés.

En général quand les derniers végétaux commencent leur cycle et forment la canopée finale, les premiers terminent le leur.

Conclusion

Il y a tant à dire et à expliquer, que vouloir faire le tour de la question en un article serait une gageure. Je posterais désormais sous l'étiquette "Forêt-Jardin" les prochains articles sur ce thème. Car il y en aura.

Je suis persuadé que nous tenons là les prémisses d'une évolution des mentalités et des techniques totalement en phase avec nos problématiques actuelles : une autre façon de se nourrir et de cultiver fait son approche. Cette dernière est la réponse à toutes les questions légitimes : dignité de l'Humain, respect et aggradation de son environnement, tampon climatique et solution aux contrastes hydriques, stockage du carbone et gage de résilience pour la biodiversité etc...

Les choses avancent, les mentalités évoluent. Je vois le gap d'il y a ne serait-ce que 10 ans se résorber, les techniques s'affiner, une opinion publique s'éveiller sur ces questions.

Comme depuis presque 10 ans, Prise de Terre prend ses responsabilités et proposera toujours plus de contenu sur ces thématiques. Tour à tour passionnés, techniciens, expérimentateurs et rêveurs, nous serons là pour accompagner la transition agricole et sociétale qui se profile et dont nous avons TOUS besoin, pour pleins de bonnes raisons.

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