Prise de Terre

Réintroduisons l'Humain dans son milieu naturel !

­

Le retour au Saltus (2/2)

31 octobre 2016|

Recréer un système agronomique artificiel : ager/saltus/silva   Cette hyper fertilité (matières organiques, minéraux, associations microbiennes et fongiques) présente sur place est conditionnée par la présence d’un couvert forestier à un stade suffisamment avancé. La disparition de la Silva va entraîner une crise de cette fertilité. Les hommes ont mangé leur pain blanc et vont devoir mettre en place des transferts de fertilité artificiels, créer de nouvelles stratégies pour retrouver la possibilité de cultiver leurs plantes annuelles dans de bonnes conditions. A partir de l’antiquité on va définir 3 typologies de territoires agricoles. Héritée des romains (qui l’ont peut-être hérité des gaulois, très bons agriculteurs), cette nomenclature a profondément marqué le territoire rural et est à la base de cette nouvelle stratégie agricole post-brûlis : l’ager : les zones cultivées à proprement parler : céréales, légumineuses. Ce sont des zones ouvertes, principalement labourées. La fertilité doit être importée car on est en début de succession écologique (retour à la tabula rasa) et tout est exporté pour l’Homme le saltus : zones peu ou pas exploitées. Il comprend les prairies permanentes et tout un patchwork de zones semi-naturelles avec une dominance boisée : pré-vergers, ripisylve, haies, bandes enherbées, broussailles, zones humides etc… C’est principalement le lieu du pacage, l’Homme laissant au bétail le soin d’entretenir le saltus la silva : la forêt sauvage ou exploitée. […]

Le retour au Saltus (1/2)

25 octobre 2016|

Je vous propose aujourd’hui une tentative de mise en contexte de la permaculture au niveau historique. Rien moins que ça. En remontant le temps et l’évolution des techniques agricoles nous allons tenter de comprendre ce qu’il se passe actuellement, dans cette transition agricole qui émerge peu à peu sur les ruines de l’ancienne. Nous allons voir que, loin de la génération spontanée, la permaculture est l’évolution moderne de systèmes agronomiques qui accompagnent l’humain depuis la nuit des temps. C’est une tentative, si besoin était de la légitimer encore un peu plus et de comprendre que loin d’être un truc de bobos des villes, elle est véritablement, telle que Mollison et Holmgren en leur temps l’avait définie, le moyen de construire une société humaine durable. C’est un voyage passionnant mais un peu long, c’est pourquoi je l’ai scindé en 2 parties. Ce texte est à la base issu de recherches et de questionnements personnels sur une question qui me taraude quasi-quotidiennement, concernant le rapport à notre environnement et sur l’agriculture plus précisément : « comment diable en est-on arrivé là? ». Comment les processus de fabrication de notre alimentation déséquilibrée peuvent-ils être néfastes à ce point pour la biosphère? Pourquoi le simple fait de produire une céréale annuelle demande-t-il autant d’énergie et procure-t-il autant de désagréments biologiques? Notre système agricole (comme le reste de la société d’ailleurs) est un clignement d’œil à l’échelle de l’Humain. Ce qu’il tient pour acquis et la norme ne le nourrit pourtant que depuis quelques siècles en regard de ces millions d’années de chasse et de cueillette. Et au vu des résultats ce système ne le nourrira plus bien longtemps… En se penchant sur le passé on peut tenter d’entrevoir le déroulement à travers le temps et l’espace du fil de cette grande Histoire de l’agriculture. Une histoire qui se perd dans les brumes des grandes forêts hercyniennes pour finir dans les sols morts de nos grandes cultures. Le recul et la causalité permettent de mieux comprendre comment, de l’état de Nature, l’humain est arrivé à détruire son propre environnement pour pouvoir perdurer en tant qu’espèce. L’homo sapiens a vécu de longue périodes dans des conditions drastiquement différentes de ce qu’elle tient pour immuable aujourd’hui. Nous allons voir que les bribes de cette mémoire peuvent nous permettre d’imaginer des solutions pour perdurer durablement cette fois dans le futur, en allant dans un sens que nous n’aurions jamais dû cesser de suivre, celui de la Nature. Et il se trouve que ces solutions émergent de plus en plus d’elles-même en ce moment, un « pont » temporel qui nous fera peut-être retrouver notre place au sein des écosystèmes… […]

(Sur)vivre de la permaculture

10 juin 2016|

La permaculture devient une alternative renommée en terme agricole car elle va bien au delà du bio et possède une éthique forte. Dans cette époque d’urgence écologique, économique et de recherche d’absolu, cultiver est un acte militant et cultiver avec la Nature revêt une dimension transcendante. Mais on trouve de tout dans le monde de la permaculture et il est parfois difficile de comprendre ce qui relie des usines à gaz comme la ferme du Bec Helouin (le phare médiatique francophone) et la grande majorité des autres projets, en général beaucoup plus modestes. Il est un fait avéré que la nouvelle génération d’agriculteurs ne ressemble en rien à celle d’avant : en général non issu du milieu agricole, ils sont en majorité d’origine urbaine, relativement diplômés, ils éprouvent de grandes difficultés à trouver des terrains et sont globalement assez fauchés. A ce contexte déjà épineux se rajoute une difficulté supplémentaire : ils veulent faire de la permaculture! Mais comment incarner ce changement de paradigme en source de revenu? Les puristes doivent-ils mettre de l’eau dans leur vin pour arriver a dégager un salaire? C’est une question qui revient très souvent et qui est complexe. Je vous propose donc ici des pistes de réflexion, n’ayant toujours pas fait personnellement le tour du problème… Les commentaires sont ouverts! […]

Les fixateurs d’azote en permaculture

4 juin 2016|

Dans un système en permaculture durable et résilient, chaque élément doit avoir plusieurs fonctions. Une des fonctions fondamentales au bon fonctionnement d’un écosystème (cultivé ou naturel) est celle de fixateur d’azote. Pour plus d’infos sur les guildes voir ici et ici. Kesako? Certaines plantes, dont en particulier la famille des légumineuses (fabacées), ont la particularité de fixer l’azote atmosphérique par le biais de symbiose avec des bactéries (rhizobium) situées dans leurs racines : c’est ce qu’on appelle des nodosités. Et l’azote, c’est un peu le carburant des plantes et de la photosynthèse en général, il a un rôle clé dans le métabolisme et la croissance. Ces plantes rendent biodisponible cet azote pour les autres à la faveur d’une taille ou de leur mort, voici donc l’alternative toute trouvée pour les engrais azotés et les effluents d’élevage. Le tissu conducteur apporte à la nodosité les glucides et autres substances organiques nécessaires au métabolisme cellulaire. Il transporte aussi les composés azotés produits dans la nodosité vers le cylindre central, qui les distribuera dans toute la plante.  […]

10 choses à faire cet hiver au jardin!

5 janvier 2016|

Ce moment de calme, de ressourcement, où le jardin apparaît sous un tout autre jour. Cette époque où le temps est différent : les jours sont pourtant les plus courts mais l’on n’est pas pressé, libéré d’une Nature vigoureuse et difficile à tenir. Les sons sont rares, la Vie calme et reposée, les allées et venues sont accompagnées de l’éternel compagnon du jardinier hivernal, j’ai nommé sieur Rouge-gorge. Alors oui, il fait froid. Statistiquement parlant, les températures sont plus basses en cette saison, c’est un fait. So what ? On s’habille bien et quand on bouge on n’a pas froid. Ça marche à tout les coups 🙂 Cette période est souvent négligée alors qu’elle est fondamentale et tellement… différente. Elle permet de prendre le temps d’affiner son système, de l’observer sous un œil nouveau et de prendre de l’avance sur le printemps et le reste de l’année. Voyons ensemble les tâches a effectuer cet hiver : […]

13 et 14 février : Concevoir sa forêt fruitière par le greffage « sauvage »

7 décembre 2015|

Nous vous proposons les 13 et 14 février 2 jours exceptionnels : une cession de formation sur la création de forêt-jardin orientée "sauvage" aura lieue sur le site de la ferme des Escuroux. La forêt-jardin (ou forêt fruitière ou jardin-forêt ou jardin-verger) est composée d’arbres fruitiers, d’arbustes et d’arbrisseaux à fruits, baies et coques ainsi [...]