Prise de Terre

Réintroduisons l'Humain dans son milieu naturel !

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Petit élevage en perma

7 janvier 2018|

Et maintenant dans le vif du sujet! Voilà un volet de la permaculture qui est rarement mis en avant, ni traité. Première raison :  l’élevage est contraignant et complexe. C’est une (grande) responsabilité, ça vous empêche de partir en vacances et nécessite des investissements en terrain, infrastructures adéquates, soins vétérinaires, nourriture etc. Deuxième raison, l’élevage reste destiné principalement aux ruraux, même si la ville peut offrir quelques opportunités. Autre raison ne nous leurrons pas, l’objectif devient peu tendance actuellement : c’est à dire la production de protéines animales pour la consommation humaine (la viande, quoi). Comme vu précédemment, c’est un débat philosophique et sociologique important et d’actualité… Mais les animaux font intégralement partie des écosystèmes et à ce titre ont un grand nombre de fonctions fondamentales pour la bonne marche de ces derniers. Des services gratuits, renouvelables, sans jours fériés, ponts et vacances scolaires. Il serait dommage de s’en priver. Une fois de plus, l’objectif étant d’aller dans le sens de la Nature et non contre elle, on va se servir de ce modèle et l’adapter à nos besoins. Nous allons nous pencher sur le petit élevage en insistant sur les particularités et fonctions intrinsèques de chaque bébête. Je détaillerais chaque bestiole une par une, en insistant à chaque fois sur ses besoins, ses produits et les synergies possibles avec d’autres, car oui, on peut multi-étager les animaux! (Non, pas comme ça…) Chaque animal sera détaillé de manière succincte et forcément exhaustive, si vous avez des questions bien spécifiques je vous invite à aller chercher le détail… ailleurs. Merci. Nous verrons ensuite un exemple concret d’application sur une ferme existante. Je vous invite à me faire part de vos remarques, autres exemples et critiques constructives en commentaires. […]

Des vaches pour sauver la planète?

7 janvier 2018|

Comme rapidement abordé dans l’article précédent, l’élevage semble être une des causes principales des déséquilibres environnementaux du millénaire. En effet certains chiffres sont éloquents et implacables (source FAO) : le pâturage représente 26% des surfaces émergées de la planète tandis que les cultures fourragères représentent à elles seules 1/3 des surfaces agricoles! (70% de terres boisées de l’Amazonie servent aujourd’hui de pâturages, et les cultures fourragères couvrent une grande partie du reste) Environ 70% de tous les pâturages des zones arides sont considérées comme dégradées, surtout à cause du surpâturage, de la compaction des sols et de l’érosion imputables aux activités de l’élevage l’élevage serait responsable de 18% des émissions des gaz à effet de serre, plus que les transports! soit : 9% de CO2 (expansion des pâturages et des cultures fourragères), 37% de méthane (issu de la digestion des ruminants) et 67% protoxyde d’azote (issu du fumier). Ces pourcentages concernent la part anthropique des émissions 8% des utilisations humaines d’eau à l’échelle mondiale, essentiellement destinée à l’irrigation des cultures fourragères C’est la plus grande source sectorielle de polluants de l’eau -principalement déchets animaux, antibiotiques, hormones, produits chimiques des tanneries, engrais et pesticides utilisés pour les cultures fourragères, et sédiments des pâturages érodés-. Aux Etats-Unis, l’élevage et l’agriculture fourragère sont responsables de 37% de l’utilisation de pesticides, de 50% de celle d’antibiotiques, et d’un tiers des charges d’azote et de phosphore dans les ressources en eau douce La production animale a de fortes retombées sur les disponibilités en eau, car elle consomme plus de 8% des utilisations humaines d’eau à l’échelle mondiale, essentiellement destinée à l’irrigation des cultures fourragères. Ainsi on estime que pour produire un litre de lait il faut 990 litres d’eau! Chiffres chocs et sans appels… Et si on se trompait?? Si, au lieu de tirer l’écosystème global dans le mur, on pouvait utiliser l’élevage autrement, intelligemment pour lui permettre de redresser la barre? Et si le mal devenait une partie du remède? […]

De la place animale en permaculture

7 janvier 2018|

Depuis l’invention de l’agriculture, l’homo sapiens est passé d’une nourriture carnée d’origine sauvage à une origine d’élevage. Le sujet n’est pas de savoir si c’est bien ou mal, c’est un fait (un peu plus d’infos dans cet article). Le problème c’est que depuis la fin de la guerre, tout est devenu industriel et exponentiel. Les déséquilibres également. Or, depuis quelques années, des courants végétariens, végans, anti-spécistes posent les bases d’un vrai questionnement sur notre rapport aux animaux, à notre environnement et donc à notre alimentation. Si la réflexion et le débat d’idée sont toujours bénéfiques, il se trouve qu’on entend un peu tout et n’importe quoi. Car se greffent sur ces questions fondamentales beaucoup de pathos et d’anthropocentrisme. A force de vivre déconnecté de la Nature et dans un entre-soi uniquement humain, on peut facilement glisser vers des impasses, des extrémités qui deviennent contre-productives. L’objectif des trois prochains articles est de faire le point sur la place de tout ce beau monde, vue de la réalité biologique et naturelle, et de voir comment intégrer (ou pas) des animaux de manière éthique et pas forcément prédatrice dans un système en permaculture. Attention, ce billet n’est absolument pas un plaidoyer pour le carnivorisme, ni une critique du végétarisme. Il se propose de remettre ce sujet dans un contexte global, celui de la permaculture qui inclut l’animal comme un élément clef avec toute les fonctionnalités et liens qui y sont associés. Il n’apporte pas de réponse, mais se propose de participer à une réflexion dépassionnée et factuelle. Dépassionnée, hein? […]

Des nouvelles de la ferme des Escuroux

11 avril 2017|

« Une patience infinie donne des résultats immédiats », Confusius Les choses avancent, les plantes poussent, les animaux se multiplient. Cela fera 5 ans cette année que nous avons repris ce qui ne pouvait même plus s’appeler une ferme, avec la présomptueuse  intention d’en faire un lieu en permaculture. Quelle audace, surtout quand on savait à peine faire un trou à la visseuse! Et pourtant… Arrivé tel un chien fou sur le lieu, prêt à retourner à la pelle mes presque 2 hectares pour en faire le Krameterhof d’Auvergne, j’ai dû brider mon enthousiasme à des tâches beaucoup plus « domestiques » (domos : la maison) dont je n’estimais ni la longueur ni la portée… Isolation, enduits, électricité, plomberie, création de 4 chambres plus une salle de bain, vous transforment un homme! Et vous bouffe accessoirement tout votre temps et vos sous… De plus certains changements rapides dans ma vie personnelle m’ont obligé à accélérer mon « retour actif vers l’emploi », limitant de fait le temps investi sur place. L’habitation étant désormais quasiment terminée, je vais désormais pouvoir me consacrer un peu plus aux 56 chantiers différents qui m’attendent dehors… […]

Le doute ma butte…

2 janvier 2017|

… ou petite autocritique des techniques toutes faites. A une époque où le buzz est roi, et où une mode chasse l’autre à la vitesse d’un tweet, la permaculture n’échappe pas à la règle. On ne compte plus les solutions miracles, les kits tout-en-un pour reproduire le jardin d’Eden sur votre balcon, l’autonomie en 15 jours ou comment sauver la planète avec des tours à patate. Les gens ont besoin de copier-coller facile à faire et à reproduire, des techniques, des outils qui demandent un minimum d’investissement pour un maximum de résultat (il va s’en dire). Les mythes du jardin du paresseux et de la permabondance-en-3-semaines ont la dent dure et sont, il est vrai très vendeurs. Mais contrairement à ce qui pourrait rassurer l’homme moderne occidental,  la nature ne peut être réduite à une équation mathématique simpliste et incomplète genre : Butte + paille = autosuffisance alimentaire + bonheur. Comme j’ai coutume de le dire ce n’est pas compliqué mais c’est complexe : il y a tant de paramètres à gérer (équilibres et interactions physico-chimiques, influences macro et microclimatiques, synergies ou concurrences racinaires, état du sol, état du jardinier, etc) qu’assurer quoi que ce soit est très optimiste. De là certainement ce besoin avide de trucs faciles à reproduire parce que bon, faut que ça marche. Et vite. Et de là sans doute rapidement quelques désillusions… Je parlais d’autocritique car effectivement je suis passé également par ces passage forcés, ma venue à la ferme des escuroux avait justement l’objectif de tester toutes ces techniques et d’arrêter de parler comme un livre. Je vous offre ici quelques conclusions issues de la pratique et de l’observation sur certains marronniers de la permaculture. Amis qui cherchez des solutions prêtes à l’emploi, tournez casaque! Je viens semer le trouble et la désolation dans vos buttes autofertiles et des fois, même, je paille pas mon jardin. […]